Paris a-t-elle une chance de raviver la flamme des marchés obligataires ?
20 janvier 2010
Une annonce discrète certes, mais prometteuse. A l'issue d'une réunion du Haut Comité de la place de Paris, la ministre de l'Économie Christine Lagarde a annoncé lundi la création à Paris d’une plate-forme de négociation obligataire en euros, qui devrait être mise en place dans environ huit semaines, selon Reuters.
« On veut en 2011 que 50% des émissions obligataires (françaises) soient émises à partir de Paris. Les deux efforts sont parallèles: d'une part rapatrier en France et émettre de Paris l'ensemble des obligations primaires (françaises) et d'autre part la construction d'une plate-forme européenne pour le marché secondaire », a expliqué Christine Lagarde. Le marché secondaire des obligations d'entreprises a repris un peu de vigueur fin 2009 mais reste encore peu liquide malgré le dynamisme retrouvé du marché primaire. Les banques, qui servent souvent d’intermédiaires, sont encore récitantes à investir dans une telle activité, consommatrice de fonds propres.
Voilà pourquoi plusieurs grands émetteurs français soutiennent l’initiative et s’engagent à respecter la barre des 50% d’émissions obligataires de Paris. Parmi eux, figurent BNP Paribas, BPCE, Crédit agricole, Crédit Foncier, Groupama, La Poste, RCI Banque, Société générale. Aujourd'hui, 85 % des obligations émises par les grands du CAC 40 le sont à l'étranger. Ce type de papier est surtout coté à Luxembourg.
Euronext mobilise des ressources en interne
L’objectif affiché est de renforcer la compétitivité de la Place de Paris. « Bercy, les autorités de contrôle et tous les acteurs du marché parisien sont en voie de réaliser un tour de force. Aussi discret qu'efficace », commentait Pierre-Angel Gay, directeur adjoint de La Tribune, dans son édito d’hier.
Quel impact sur le marché de l’emploi en finance ? « Nous n’en sommes qu’à la rédaction du cahier des charges. Des emplois seront certainement créés à l’issue de ce projet mais combien il est difficile de faire à ce stade des prévisions. Pour l’heure, nous mobilisons des ressources en interne, notamment des développeurs et des juristes », nous confie Philippe Musette, Directeur des Marchés de Taux pour l’Europe chez NYSE Euronext Paris.
Inciter le retour sur Paris des intermédiaires
Aujourd’hui 90% des effectifs des équipes front-office fixed income des BFI françaises sont basés à l’étranger, Londres principalement. Et il y a peu de chance que ce projet change cela. En revanche, « créer un point de rencontre pour l’ensemble des opérateurs pourrait inciter des intermédiaires par exemple à revenir sur Paris », anticipe Philippe Musette.
Un appel d'offres auprès des fournisseurs d'informations et/ou des gestionnaires de plateformes devrait être lancé au printemps. « Je ne serais pas surpris qu’un tel projet donne du travail aux grandes sociétés de consulting. Je pense en particulier à Atos qui a une expérience reconnue en la matière et qui a déjà travaillé avec Euronext. En revanche, je crois moins à des créations d’emplois à long terme. Londres reste la place incontournable pour tout ce qui est développement et infrastructure », analyse Gregory Le Meur, manager du cabinet parisien de chasse Aston Carter International.
Rappelons que l'informatique du système de cotation du marché d'actions de Nyse Euronext prendra bientôt la route de… Londres (lesechos.fr).
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La question que je me pose est plus "Paris brûle-t-il ?"
Rohan Bobysson 20 Jan 2010
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